Vision des choses

Publié le par yoelen

 
FIN du roman un été dans l'estuaire
 
 
Cette photographie du marais coïncide avec ceux qui ont participé deci, decà et au-delà à sa réalisation. Comme pour la photo je peux choisir l' angle mais pas toujours les objets et je songe à ces photos de Cartier-Bresson d'où toute la mise en scène est exclue et font parler les choses et les ruines. Ce roman de l'estuaire est terminé, je n'ai plus prise sur lui et c'est ici que la magie commence, hantée par la surface colorée du blog qui évoque le voyage kalo taxidi !
On change de rôle mais pas de réel, c'est pourquoi au cours des mois qui vont suivre par un détour anecdotique je vais essayer de peindre ce que je vois.
Une apparition de choses, une sorte de discours du monde.
Dites bravo ! Là d'ailleurs j'esquive un entre-deux.
 

Le trident de Poséidon sur Lavau

 

Au loin, dans le marais, nous parviennent des phrases qui rebondissent sur l’eau comme des bavardages entre-coupés. Ils vont se figer jusque dans le marbre de Gortyne, parce qu’ici à Lavau je ne suis jamais loin de la Grèce, vous l’avez remarqué dès le début de ce blog et il y a bien des raisons à cela. Je vous en révèle quelques-unes.

DoloV, doloV :  dolos

Rien de moins pour faire rêver dans l’odyssée qui emploie ce mot comme amorce et dans la guerre de Troie il est utilisé comme piège. " Dolos " mot magique car bien utile pour critiquer et ruser. Voici une fourberie de sa part dites-vous, eh ! bien, non, en Grèce le mot a une portée morale ou intellectuelle et correspond parfaitement à celui qui change son orientation et ses buts comme un fleuve qui zigzague, vous y êtes, moi aussi.

Qu’en est-il donc dans cette jolie Bretagne du mot DOL ?

Simplicité, il décrit une rivière qui s’écoule en forme de boucles et s’applique à la terre entourée par la boucle. Les dols sont forcément des îles et les villages qui s’y trouvent sont bâtis à flanc de coteau devant une vallée en forme de fer à cheval pour éviter les inondations. Les appellations sont nombreuses telles " barr-dol " qui induisent la notion de sommet. Me voici assise, un papier beige à la main, pour fixer mes impressions, Lavau dans le dos comme un ex-voto et enveloppée d’une odeur de galette de sarrazin. Mes rêves se fixent sur Doulon, un quartier de Nantes ou le mot Dol n’est autre que celui que vous savez reconnaître avec dolmen (men =pierre), si le béton s'est imposé dans la cité, la rivière de jadis a du déjouer sa serpentine et laisser prise aux immeubles et à une jeunesse turbulente.

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