Ernest Renan
Voici une idée de la nation par Ernest Renan
à l’occasion d’une conférence en Sorbonne ….
Sa fille est l'épouse de Mr. Psychari, auteur de la grammaire grecque moderne.
Une conférence sur Ernest Renan à Athènes en cette période de la fête pascale c'est une belle occasion pour revenir sur ce qu'il a dit et écrit, par exemple que les nations n’existaient pas dans l’antiquité, ni l’Egypte, la Chine, la Chaldée ne le furent c'étaient des troupeaux menés par un fils du Soleil ou un fils du Ciel. Athènes , Sparte, Sidon et Tyr étaient de petits centres de patriotisme, des cités avec un territoire relativement restreint.
La Gaule, l’Espagne, l’Italie avant l’absorption par l’empire romain étaient des peuplades liguées entre elles, sans institutions centrales, sans dynasties. L’empire assyrien, l’empire perse, l’empire d’Alexandre ne furent pas non plus des patries. L’empire romain fut loin d’une patrie mais sa domination d’abord si dure fut bien vite aimée. Ce fut une grande association, synonyme d’ordre, de paix et de civilisation. A ce moment là, la scission de l’Orient et de l’Occident devenait inévitable.
Ernest Renan pose la question : Que firent les peuples germaniques ? il répond qu’ils changèrent peu le fondement des races mais ils imposèrent des dynasties et une aristocratie militaire à des parties de l’ancien empire de l’Occident. Une particularité importante cependant, les Francs, les Burgondes, les Goths , les Lombards , les Normands avaient très peu de femmes de leur race avec eux, de ce fait, pendant plusieurs générations ils épousèrent des femmes Germaines, les concubines furent latines. Le latin ne fut jamais dominant en Bretagne et si on eût généralement parlé gaulois dans la Gaule, Clovis et les siens n’eussent pas abandonné le germanique, mais les petits fils de Clovis, d'Alaric, et d'Alboïn parlaient déjà roman.
En Bohême l’élément Tchèque et l’élément allemand se sont superposés comme l’huile et l’eau dans un verre. La politique turque de la séparation des nationalités d’après la religion a causé la ruine de l’Orient et dans une ville comme Smyrne ou Salonique se côtoyèrent cinq ou six communautés qui n’eurent entre elles presque rien en commun.
Les limites de la France en 1789 n’eut rien de naturel ni de nécessaire, la large zone que la maison Capétienne ajouta à l’étroite lisière du traité de Verdun fut une acquisition personnelle. A cette époque les annexions n’eurent rien de limite naturelle, ni du droit des nations, ni de la volonté des provinces.
La Hollande s’est créée elle-même et a néanmoins contracté un mariage intime avec la maison d’Orange en courant de vrais dangers le jour où cette union serait compromise.
Disons que la grande royauté française avait été si hautement nationale que le lendemain de son effondrement la nation a pu tenir sans elle. Ce n'est pas dévoiler un secret que de dire qu' Ernest Renant déclarait " j’aime beaucoup l’ethnographie, c’est une science d’un rare intérêt mais comme je la veux libre, je la veux sans application politique...... et soyez sûrs que si on charge la science de fournir des éléments à la diplomatie, on la surprendra bien des fois en flagrant délit de complaisance".
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