Turquie, les derviches et les mosquées

Pierre Loti, lettre à sa sœur.
Je fis dans le quartier de Péra la connaissance d’un prêtre arménien qui me donna les premières notions de langue turque. Ma maison est située en un point retiré de Péra dominant la Corne d’Or et en travaillant la langue je plane sur le vieux Stamboul, tout au fond dans un bois de cyprès apparaît Eyoub.
Les chiens sont en révolution dans le quartier de Galata et poussent des hurlements lamentables, ceux de mon quartier gardent la neutralité et je leur en sais gré, tout est au grand calme dans mon voisinage.
A mes pieds les vieilles cases arméniennes sont obscures et endormies, les arbres exhalent dans la nuit des parfums balsamiques.
Au-dessus, des cyprès et dans une nappe brillante la Corne d’Or, et encore la silhouette de la ville orientale, Stamboul.
La mosquée d'Eyoub que vous apercevez sur une photo se situe au fond de la corne d'or, construite sur l'emplacement du tombeau d'Eyoub, compagnon du prophète elle reste d'abord peu sûr et Pierre Loti signale l'accès interdit aux chrétiens.