Pour faire la guerre on donne à la paix ses meilleurs ennemis

Publié le par non précisé

Le plaisir du texte peut-il lutter contre les guerres ?  

Je pense aux guet- apens en Mauritanie ou aux échauffourées au Kénya, ah ! Nairobie si tu savais…
Oui, force est de constater comme le dit si bien Michel Serre « il ne faut pas confondre identité et appartenances », car c’est bien au niveau de l’appartenance que se situe le racisme et il doit bien y avoir du racisme là dedans et de la pauvreté aussi.
L'idée d'une vieille source, me revient à l'esprit, celle d' Aristophane qui souligne avec insistance l’impureté de ses origines quand il se présente devant Hermès : 
             HERMÈS - impur, téméraire, impudent que tu es, 
                  impur, tout impur, le plus impur, 
                  comment es-tu arrivé ici, ô le plus impurs des impurs ! 
                  Quel est ton nom ? Tu vas parler ?
                TRYGEE - Le plus impur.
                HERMÈS -Quel est le lieu de ta naissance ? explique-moi.
                TRYGEE - Le plus impur.
                HERMÈS -Ton père qui c'est  ?  

                TRYGEE - Mon père ? le plus impur.
Un abord plutôt cynique à applaudir encore et encore.
Se réclamer ainsi de l’impur n’est-ce pas afficher des valeurs qui rappellent l’authenticité mais le cynisme ne fonde pas une morale ? probablement, mais en ce qui concerne la guerre le référent le plus proche que nous ayons, ce sont les images transmisent par la télévision, elles sont choquantes et dégradantes et jusqu’où sommes-nous complices quand nous les regardons ?
Voyez-vous, l’idée de citoyenneté est présente dans ces bagarres ensanglantées, le mot carnage est peut-être trop fort, mais comment faire pour échapper à l’appartenance, faut-il vraiment s’attendrir sur ces évocations ?
Dans ce théâtre d'ombres, les personnages chargés de tels dithyrambes incarnent tout le travers de l’esprit clanique ou communautaire sur l’exercice de la citoyenneté et retour sur le texte d’Aristophane, la Paix ===
Les gâteaux promis par Trygée à la fin de la pièce sont amers comme l’amertume du début de la comédie, très drôle ! le poète n’arrive pas à faire parler la statue de la Paix qui nous apparaît radieuse mais déjà évincée par divers appâts dans une théorie qui semble bien sombrer dans l’oubli comme le premier salut de Trygée.
C’est face à ce mutisme obstiné de la statue que l’on se prend à imaginer quelque nouvelle séquestration où la malheureuse, bâillonnée, ressemble à s'y méprendre à la démocratie, fusse-t-elle rangée au placard des accommodements d’intérêts d’où jaillissent autant de sources de guerre.
   
Publicité

Publié dans Noël

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article