Une idée sur le peuple du Nil

Publié le par non précisé


Selon Hérodote



J'eus donc beau m'informer pourquoi ce fleuve fut le contraire de tous les autres ;
je n'en pus rien apprendre d'aucun Egyptien, malgré les questions que je leur fis dans la vue de m'instruire, ils ne purent me dire pourquoi le Nil est le seul fleuve qui ne produise point de vent frais.
Après avoir fait le chemin en quarante jours de marche, vous vous rembarquez dans un autre bateau où vous naviguez douze jours ; puis vous arrivez à une grande ville appelée Méroé.
On dit qu'elle est la capitale du reste des Ethiopiens, ici Jupiter et Bacchus sont les seuls dieux qu'adorent ses habitants et les cérémonies de leur culte sont magnifiques.
Ils ont aussi parmi eux un oracle de Jupiter qu'ils questionnent sur la guerre partout où ce dieu commande et ordonne.
Comme les Egyptiens sont nés sous un climat bien différent des autres climats, et que le Nil est d'une nature bien différente du reste des fleuves, aussi leurs usages et leurs lois diffèrent-ils pour la plupart de ceux des autres nations. Chez eux, les femmes vont sur la place et s'occupent du commerce, tandis que les hommes renfermés dans leurs maisons, travaillent  à tisser la toile. Les autres nations font la toile en poussant la trame vers le  haut, les Egyptiens en la poussant vers le bas. En Egypte, les hommes portent les fardeaux sur la tête, et les femmes sur les épaules. Les femmes urinent debout, les hommes accroupis ; quant aux autres besoins naturels, ils se renferment dans leurs maisons mais ils mangent dans les rues. Ils apportent pour raison de cette conduite que les choses indécentes, mais nécessaires, doivent se faire en secret, au lieu que celles qui ne sont point indécentes doivent se faire en public.
Chez les Egyptiens, les femmes ne peuvent être prêtresses d'aucun dieu ni d'aucune déesse ; le sacerdoce est réservé aux hommes.

Je l'avoue et n'ai garde, certes, de nier ce que dit Hérodote.






Publié dans EGYPTE

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