Je vois pointer un grand dessein pour la gent ailée
Le Chœur des Oiseaux
Heureux le peuple ailé !
Nous les oiseaux n’avons l’hiver,
Manteaux pour nous emmitoufler
Et dans les jours caniculaires,
Sous l’œil brûlant qui darde et flambe,
Nous ne sommes pas accablés.
Les prés en fleurs sont nos domaines
Et c’est au sein des frondaisons
Que nous avons retraite,
Au temps où l’insecte divin,
La cigale, ivre de soleil
Dans la fournaise de midi,
Vrille et fait vibrer sa chanson.
L’hiver se passe au creux des antres
A folâtrer avec les nymphes montagnardes.
Au printemps nous mangeons les baies,
Du myrte blanc des fiancées –
Et tout ce qu’on récolte
Dans le jardin des Grâces !
Ecrit par ARISTOPHANE à l'occasion d'une fête de
comédies.